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Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ? - Éditions Stock 2008
« Tu n’as pas honte, Jean-Louis, toi, leur père, de te moquer de deux petits mioches qui ne peuvent pas se défendre ? Non. Ça n’empêche pas les sentiments. » (p.46)
Où on va, papa ? est plus qu’un témoignage : c’est l’évocation, avec un mélange d’humour parfois sombre et de tendresse discrète, de l’expérience d’un père, d’un père blessé par les naissances successives de deux garçons lourdement handicapés. Sans angélisme, sans fausse pudeur, il fait part de ses doutes, de ses interrogations, de son incompréhension. On devine même, au détour de tel ou tel de ses brefs chapitres, une allusion rapide, faussement légère, à la cruauté d’un monde où il vaut mieux être comme les autres. Mais Jean-Louis Fournier ne s’appesantit pas, il escamote ses blessures sous une poésie grinçante et souvent gentiment absurde où l’on reconnaîtra facilement le ton de Pierre Desproges dont il fut ami et co-auteur. Ce livre est à sa façon un précieux document sur la réalité complexe du handicap et il prouve, si besoin était encore, que la littérature –car il s’agit bien d’un ouvrage littéraire, sélectionné à ce titre par les jurys de plusieurs prix de cet automne- peut singulièrement aider à rendre intelligibles les expériences humaines les plus complexes.
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